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Nadia Dhouib Boussabah

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Nadia Dhouib Boussabah

Le rôle de Fashion Buyer entre physique et digital & le projet Galeries Lafayette Champs-Élysées
14 mars 2022
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Une carrière dans les Achats débutée il y a 15 ans : Nadia Dhouib Boussabah, Acheteuse, Fondatrice & Directrice Générale de RethinkRetail Advisory travaille aujourd'hui avec certaines des marques les plus prestigieuses du monde du Fashion Retail.

Nadia Dhouib a rencontré les étudiants du Master Fashion & Luxury Brand Management et Fashion Buying Merchandising de l'Istituto Marangoni Paris lors d'une masterclass exclusive, expliquant ce que signifie être acheteur aujourd'hui, et quelles ont été les étapes fondamentales de sa carrière professionnelle, en commencant par son projet le plus important. : l'ouverture des Galeries Lafayette au numéro 60 des Champs-Élysées à Paris en 2019. 

Quels sont les aspects particuliers qui ont caractérisé l'ouverture des Galeries Lafayette Champs-Élysées ?
Le projet Champs-Élysées a porté avant tout sur la recherche d’un ton juste, de notre singularité. Nous voulions que le public vive un parcours client différent, sans oublier l'histoire du lieu, qui a été le point de départ du projet architectural et du concept.

Le rôle du Vendeur est essentiel dans l'Expérience d'Achat : avec les Galeries Lafayette Champs-Élysées vous avez défini les détaillants comme des « stylistes personnels » : pourquoi ce choix ?
Souvent lorsqu'un client se rend dans une boutique ou un grand magasin, il ne perçoit pas le caractère unique du service : le vendeur doit être en mesure d'apporter une personnalisation et des conseils exceptionnels. Pour cette raison nous n'avons pas voulu nous limiter à la notion de "vendeurs" mais nous avons essayé de mettre à disposition de vrais stylistes personnels, capables de conseiller et d'apporter des conseils sur-mesure.

Vous avez toujours recherché une innovation forte dans le concept et dans le projet. En quoi l'Expérience Client Galeries Lafayette Champs-Élysées a-t-elle été révolutionnaire ?
Nous ne voulions pas d'une approche client traditionnelle ; nous avons fourni des iPads à nos "stylistes personnels", la possibilité de fournir une assistance sur Whatsapp, recherchant ainsi une vente de plus en plus hybride, entre physique et digital.
Nous avons également conçu la gestion du Visual Merchandising et des espaces d'une manière différente, en partant du rez-de-chaussée, qui dans les grands magasins est généralement dédié aux accessoires : nous avons plutôt voulu en faire un espace pour accueillir des marques, des événements spéciaux et temporaires.

Un projet donc qui semblait partir d'une « toile vierge» : que signifie aujourd'hui créer une nouvelle expérience Retail à partir de rien ?
Avant toute chose, il faut partir des bases fondamentales concrètes : dans mon cas, j'avais un budget, une idée et un architecte. J'ai commencé à faire environ 40/50 entretiens avec différents vendeurs : que manquait-il selon eux dans l'expérience d'achat ? Pourquoi certains types de vêtements comme le streetwear ne fonctionnaient-ils pas suffisamment ?
J'ai donc commencé pas à pas à partir des éléments que je possédais et que je connaissais. J'ai négocié avec les marques ; mon rôle n'était pas seulement de les contacter, je devais être capable de vendre un vrai "rêve" : les marques ont aujourd'hui de nombreuses options de vente donc il faut comprendre quels sont leurs intérêts à les faire collaborer avec vous.
Ce sur quoi nous nous sommes concentrés dans ce cas, ce n'étaient pas des raisons purement financières mais de transmettre aux marques le potentiel de positionnement et d'image de notre projet.

Parlons maintenant de votre carrière d'acheteur : quelles sont les choses dont vous êtes la plus fière aujourd'hui ? Surtout compte tenu de ce projet.
Nous avons créé quelque chose de complètement différent. Nous avions beaucoup de marques émergentes, que le public a pu découvrir pour la première fois, nous avons travaillé avec des noms comme Jacquemus, Rouje, La Veste... un des aspects des marques émergentes à considérer est qu'elles embarquent souvent tout une communauté, physique et digital.
Je me souviens qu'un jour j'ai rencontré un client dans la boutique qui m'a dit "J'ai l'impression d'acheter en ligne !" parce que l'expérience que nous avons offerte était complète : pas seulement des ventes mais un espace d'activation, de narration.
Certes, il y a eu, comme dans tout nouveau projet, quelques difficultés. Par exemple, certains clients se sont sentis un peu perdus, peut-être justement à cause de cette innovation : il est aussi essentiel, cependant, de se concentrer sur la gestion du changement, et de ne pas rester bloqué devant les changements, car les clients évoluent constamment, c'est quelque chose que nous doit toujours garder à l'esprit lorsque nous parlons des ventes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que cela représente d’être une femme à un poste tel que le vôtre ?
Je pense qu'en tant que femme, les éléments fondamentaux à toujours garder à l'esprit sont la passion, la cohérence, garder un point de vue fort même lorsque les choses deviennent difficiles et avoir une équipe solide qui travaille avec vous, des personnes sur lesquelles vous pouvez compter.
Quelles sont les compétences professionnelles que vous recommanderiez à un aspirant Acheteur ou à ceux qui souhaiteraient travailler dans le monde du Retail et du Visual Merchandising ?
Ne pas forcément viser la notion de Luxe ou un poste prestigieux, mais surtout comprendre le poste.
Être orienté mode mais pas victime de la mode : il est important d'avoir une certaine sensibilité pour comprendre le potentiel des marques mais ne pas être victime des tendances.
Acheter c'est créer, amener les marques dans un processus d'accélération, c'est un processus de construction et de création. De plus, il est essentiel de garder une certaine distance avec les marques que vous sélectionnez, car cela conduit souvent à donner une plus grande visibilité aux marques que vous affectionnez particulièrement, mais lorsque vous travaillez il est nécessaire de promouvoir des marques qui ne sont pas à votre goût.

Comment voyez-vous l'avenir de la vente au détail et des achats ?
Au début de la pandémie, on a pensé que le « physique » était mort. Mais par la suite, les Marques ont ressenti le besoin de se rapprocher du public. Il faut bien qu'il y ait un modèle de vente hybride, une base numérique, mais en travaillant sur un modèle horizontal. Le numérique apporte l'indépendance, mais le physique raconte une histoire.

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