Une balade entre art et parfums pour les élèves de Paris
Art et parfums. Un mariage naturel, presque inévitable. À l’Istituto Marangoni Paris, on le sait bien : aujourd’hui, les parfums ne se racontent plus uniquement à travers leurs notes olfactives — ils dialoguent avec le design, l’architecture et l’art contemporain. Partout dans la ville, des boutiques triées sur le volet transforment le simple fait de sentir en une expérience culturelle, en associant les parfums à des œuvres d’art et à des pièces de design dans un échange créatif sophistiqué.
Les étudiants du cours intensif en gestion de la beauté de luxe ont plongé directement dans cet univers grâce à une immersion au cœur de la haute parfumerie, à la découverte de certains des magasins phares les plus inspirants de la capitale. Des adresses discrètes connues des initiés, aux côtés de nouvelles ouvertures déjà destinées à devenir cultes. Plus qu’une simple visite, ce fut un parcours soigneusement organisé — enrichi par des conversations avec les fondateurs et les directeurs artistiques — offrant un aperçu rare de la manière dont une marque est conçue, élaborée et, finalement, racontée.
Première étape : Henry Jacques, dans sa maison de l’avenue Montaigne, fréquentée en toute discrétion par des stars internationales et des familles royales. Ici, le parfum est un art de l’artisanat : de précieuses distillations élaborées à partir des meilleures matières premières naturelles. Les parfums sont présentés aux côtés de flacons en cristal anciens, d’étuis faits main, d’œuvres d’art orientales et d’estampes rares. L’atmosphère évoque un cabinet de curiosités contemporain d’une élégance exquise, où les époques et les styles s’entremêlent tandis que l’on découvre la rose, le jasmin et la vanille dévoilent des interprétations sans pareilles.

Depuis l’avenue Montaigne, la promenade s’est poursuivie jusqu’à la rue du Faubourg Saint-Honoré, emblème du luxe parisien. Dans une cour discrète se niche la boutique de Marc-Antoine Barrois, en illustre compagnie d’Hermès, d’Alaïa, de Prada, de Gucci et de Carita. L’espace est intime, rehaussé par des œuvres d’art sur mesure imaginées par l’architecte-artiste Antoine Bouillot. Mais le véritable enchantement se dévoile à l’étage inférieur : un salon chaleureux, tel un cocon, avec un canapé spacieux et une collection de vinyles à explorer tout en découvrant les parfums emblématiques de la maison — 683, Ganymede, Tilia et le tout récent Aldebaran. Ici, le parfum contourne l’intellect et s’adresse directement à l’émotion.
Après avoir traversé la rue Royale en direction de la rue Saint-Honoré, le parcours a fait un détour par la rue d’Alger. Au numéro 5, la Maison Francis Kurkdjian a ouvert son premier flagship en 2009, désormais complété par un espace dédié à la culture olfactive. Il ne s’agit pas simplement d’une boutique, mais d’un lieu où le parfum s’explore à travers une approche multisensorielle. L’exposition actuelle met à l’honneur l’artiste et photographe Christelle Boulé, qui a créé des œuvres à partir d’une image argentique représentant une seule goutte de parfum. Les créations les plus emblématiques de la maison se transforment ainsi en « portraits » visuels, saisissants par leur intensité chromatique et la complexité de leur processus créatif.
La promenade s’est achevée sous le signe de la couleur, de retour rue Saint-Honoré, avec une halte chez Ex Nihilo. Dans son nouvel espace d’exposition, des installations artistiques bleues — la teinte emblématique de la marque —, réalisées par l’artiste Justin Weiler, ont été créées pour célébrer les douze ans de cette maison indépendante et libre d’esprit, pionnière dans les services sur mesure et les parfums personnalisés.
Un parcours qui a révélé aux étudiants comment, à Paris, l’art et le parfum parlent la même langue : celle d’une créativité moderne et sans limites.
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